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Ma crise financière

Dans le chemin de retour, Je fais profil bas et j’avance à pas de tortue qui révélèrent aux passants, aux conducteurs, aux vendeurs de journaux un profond accablement et une perte d’espérance. Je regardais les passants qui tenaient dans leurs mains une boisson ou de la nourriture. Plutôt, je fixais mon regard sur le produit qu’ils consommaient.

J’estimais sa valeur et je songeais au bon vieux temps. Un temps que j’ai perdu récemment mais qui est à mes yeux très vieux. Comme les autres, moi  aussi je pouvais tenir de tels produits dans mes mains et je me réjouissais du confort qu’ils procuraient.

Désormais, c’est un luxe difficile à se l’offrir. Je commence même à remettre en cause leurs valeurs et leurs prix paressèrent ainsi plus exagérés. Et si les journées tournaient autour du néant, je voudrais que ce tour ait deux cycles. Le cycle long de l’opulence et le cycle court de la nécessité.

Je portais ma vue sur les paquets de cigarettes que fumaient ces chinois et sur leurs sourires face à leurs somptueuses technologies. « S’ils achètent des paquets de cigarettes, c’est parce qu’ils n’ont pas faim » me demandais-je. Les vagues sonores des talons à aiguille que portaient certaines femmes prétentieuses me faisaient mal à l’oreille.

Tout ce que je voyais, était l’usure des talons, le privilège de la consommation du tabac, de la batterie, du solde et de la 4G…Pris de faim, j’entrai dans un supermarché, achetai du pain. Sans le moindre petit sou dans ma poche, je payai par carte bancaire. Les gens me prennent peut être pour un richard. Oh, comme les apparences sont trompeuses! -Heureusement que mes vêtements sont propres ou au moins que je ne suis pas nu-.

La machine a pris beaucoup de temps pour imprimer la facture. Je stresse. Une longue queue derrière moi. La caissière attend…Je me demande si le solde de mon compte bancaire est tellement à néant pour ne pas pouvoir m’offrir un pain. Transaction réussie! Le pain est désormais en ma possession. Je le rangeai précieusement et je continuai ma marche à pas lourds.Je reçus un message de mon éventuel employeur : « Je suis désolé, je me sens mauvais, j’ai dû oublier notre Rendez-vous ». Affligé, j’ai voulu répondre, j’écrivais la réponse, je la modifiais, je la supprimais, je la réécrivais, quand la batterie de mon portable s’épuisa.

Éteint, je me sentais plus éteint qu’il n’était.Ne sachant où aller, je sortis de ma tête une autre adresse d’un autre employeur. Après un temps de quête et de va et vient, la recherche est vaine. Plus de batterie, pas de portable, plus de traducteur et plus de GPS. A pas de tortue, je reviens d’où je viens, pauvre misérable mais chanceux d’avoir acheté du pain.

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